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Variants et invariants dans l’art de vivre et de mourir

 

Il y a une grande variété quant à notre façon de mourir, chaque variant de la Covid 19 nous le rappelle, puisque après ou avec chaque variant naît une nouvelle maladie et des symptômes non répertoriés.

Ce qui est invariant, c’est que toutes les choses apparaissent et disparaissent, c’est que la vie nous est donnée et que la vie nous est enlevée, c’est que nous sommes nés pour vivre, et que nous sommes nés pour mourir.

La question, c’est : « que faisons-nous de ce beau fruit qu’est notre corps et du ver qui le ronge ou du temps qui le pourrit ? » On peut chasser un ver ou un virus, d’autres viendront, et on n’échappe pas au temps…

N’y a-t-il que « naitre et mourir » ?

En tout cas c’est le destin de tout être matériel, « composé, il sera décomposé ». Y-a-t-il autre chose ? Une autre dimension, un autre niveau de réalité, au cœur de cet être matériel, transitoire, impermanent ?

Une dimension spirituelle ? Pour répondre à la question, il est peut-être nécessaire d’inverser notre regard sans cesse dispersé par les informations qui nous viennent de l’extérieur et de le tourner vers l’intérieur de nous-même afin d’y découvrir un espace silencieux, immatériel. Être attentif à cette lumière dans laquelle baignent nos atomes, nos bactéries et nos virus…Toute notre vie mortelle, avec ses joies et ses douleurs, sa santé et sa maladie…

Prendre conscience tout à coup : on nous informe sans cesse des choses qui apparaissent et disparaissent, on ne nous informe pas assez sur la lumière et l’espace dans laquelle ces choses apparaissent et disparaissent…

La lumière et l’espace sont invisibles, insaisissables, ils sont pourtant toujours là.

Pourquoi notre regard est-il tourné seulement vers les réalités visibles et mesurables qui n’existent que pour peu de temps ? Pourquoi ne regardons–nous pas aussi vers la réalité invisible et insaisissable qui demeure sans cesse, l’infiniment présent ?

Certains diront, « n’est-ce pas fuir la réalité ? » Quelle réalité ? Celle qui passe ou celle qui demeure ? Quelle est la plus « réelle » ?

Ne sommes-nous pas aujourd’hui conditionnés par la médecine, la politique et même par la philosophie (qui était censée nous ouvrir l’esprit au lieu de l’enfermer dans de l’idéologie).

Ne sommes-nous pas conditionnés à vivre sans interrogation et sans ouverture spirituelle ?

Il n’y aurait donc que la matière et la mort, puisque toute matière est mortelle.

Le chiffre des morts ne peut être qu’en augmentation puisque toute l’humanité est mortelle.

Il n’y a pas de chiffre pour dire le nombre de ceux qui s’éveillent c’est à dire qui meurent comme tout le monde mais en mettant la mort à sa place, dans l’immensité de l’espace et de la lumière.

La croix n’a de sens que dans la clarté de la résurrection. La souffrance n’a de sens que dans la lumière de la conscience et de l’amour qui est aussi celle de la liberté.

N’est-ce pas notre première et dernière liberté : faire ce que nous voulons de notre vie et de notre mort ? N’est-ce pas de cette liberté dont il faut prendre soin, la préserver à tout prix, quand il y a tant de supposés savoir qui veulent nous dicter ce que nous avons à faire et disent à notre place ce qui est bien et ce qui est mal ?

Se prendre pour un dieu à la place de Dieu a toujours été ridicule. Laisser Dieu être dieu en nous (c’est-à-dire laisser la Vie nous rendre plus vif et plus vivant, laisser la Conscience nous rendre plus attentif et intelligent, laisser l’Amour nous rendre plus patient et aimant), Le laisser prendre forme(corps) en chacun de nous, nous inspirer ce qui est juste dans l’instant, ce qui « s’ajuste » au mouvement présent…

Si cela n’est pas encore évidence de notre dimension spirituelle, cela semble au moins raisonnable et sain(t).

Si ce n’est pas la Beauté, cela lui ressemble…

 

Jean-Yves Leloup. 28 mai 2021

 

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