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Qui peut arrêter Poutine ? (2)



« Quand deux grandes forces s’opposent, la victoire va à celui qui a appris à céder ».

Si cette phrase de Lao Tseu reste sans doute inaudible aux Russes comme aux Ukrainiens, à Poutine et à Zelensky, peut-être seront-ils davantage sensibles aux remarques de Tolstoï, leur ancêtre commun :

« Vous êtes habitués à lutter contre la mal par la violence et par la vengeance, c’est un mauvais moyen, le meilleur moyen n’est pas la vengeance, mais la bonté … »

«  Je comprends, écrit-il, que poussé, par la colère, la haine, la vengeance, la perte de conscience de son humanité, un homme puisse tuer, en défendant un être proche, en se défendant lui-même. Et je comprends qu’il puisse tuer sous l’effet d’une suggestion patriotique, grégaire, en s’exposant à la mort et participant à un meurtre collectif de guerre. Mais que des hommes, en pleine possession de leurs facultés, puissent tranquillement, de façon mûrement pesée, admettre la nécessité de l’assassinat de l’un de leurs semblables et contraindre des créatures à commettre cet acte répugnant à la nature humaine – cela, je ne l’ai jamais compris. »[1]

Ne faut-il pas commencer par là : que chacun « en pleine possession de ses facultés » ne se laisse pas emporter par la spirale de la peur et du jugement afin, d’opposer à la violence autre chose que de la violence ?  Opposer plutôt le courage de la conscience, une conscience incarnée, préférant être meurtrie que meurtrière. La force invincible et vulnérable de l’humble amour ; le contraire du mouton couché, l’Agneau pascal blessé mais debout.

 

 

Jean-Yves Leloup mars 2022

[1] Léon Tolstoï, correspondance Tolstoï – Birioukof, Paris, Grasset, 1960, P. 64

 

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Crédit photo:©CatherineArto