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Qu’est-ce qu’on nous cache ?

Plutôt que de parler de ce que les apparences nous cachent, ne faudrait–il pas parler aussi de ce qu’elles nous montrent : « quelque chose de plus », de plus beau, de plus grand, de plus intelligent, de plus durable, quelque chose que nos sens, nos pensées et nos affects ou nos émotions ne peuvent saisir …
Il y a de l’insaisissable dans tout ce que nous saisissons, sentons, pensons, aimons.

C’est le pressentiment de cet Insaisissable qui nous émerveille et nous extasie,
C’est la perte de ce pressentiment qui nous ensommeille et nous ennuie.

Aujourd’hui, beaucoup diront : ce que les apparences et les évènements nous montrent ou nous cachent, c’est quelque chose non pas de plus beau mais de « plus pire », (catastrophes écologiques, sanitaires, économiques, à travers les discours qui les commentent et les amplifient.)
Nous avons le pressentiment de quelque chose que nos sens, nos pensées, nos affects, ne peuvent saisir ou maitriser ; quelque chose de pire que la catastrophe ou le mensonge, certains  nommeront cet Insaisissable : l’Horreur, le Mal, la Mort …

Pressentiment de l’Infini et de la beauté.
Pressentiment de l’absurde et de l’abîme.

Que ce soit l’un ou l’autre de ces pressentiments, il s’agit bien de voir ce que l’on voit, mais aussi ce qui déborde notre regard, nos instruments de perception et les technologies qui les prolongent…

Nous sommes « débordés » par la Beauté et le Sens qui excèdent nos explications.
Nous sommes « débordés » par l’horreur et le non-sens qui excèdent nos explications.

Ce que nous cachent et nous montrent les apparences et les évènements, c’est le pire et le meilleur.

Si nous acceptions de voir que l’un n’existe pas sans l’autre, peut-être notre regard serait-il porté vers plus insaisissable encore, plus profond que nos émotions et pressentiments contradictoires, ce fond sans fond, terrifiant et beau…Est-ce là, notre ultime demeure ? L’insaisissable Réel ?

 

 

  • Jean Yves Leloup, Avril 2021

 

 

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