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Le virus, la pivoine et l’ours

Un jour, les couleurs évanescentes de la pivoine terriblement bien observées provoqueront une révolution…

Bien voir, ce que l’on voit, change tout ! Parce qu’on ne voit que soi-même, percevant, ce qu’on appelle une pivoine (en faisant appel à toute sortes de mémoires, scientifiques ou poétiques)

Ma perception est conditionnée par les instruments que j’utilise pour percevoir (mes yeux plus ou moins myopes, le microscope plus ou moins puissant).

Qu’est-ce que je vois quand je vois un virus ? :

Ma perception, conditionnée par mon instrument de perception, un consensus de blouses blanches partageant une même perception.

J’appelle virus, ce dont je fais une saisie particulière à l’intérieur d’un tout, que je suis incapable de nommer.

Peut-être que le virus n’existe pas ? n’existe que la perception de quelque chose que je sépare du tout, que j’appelle un virus.

Si ma perception du virus changeait ?

Si je ne le séparais pas du tout ?

Si je cessais d’en faire une chose, une maladie, une réalité « objectivée », c’est à dire « réduite » à mes instruments de perception ?

Que se passerait-il ?

….

Si la pivoine vue par l’ours était plus certaine que celle vue par le grand docteur? Mais les ours ne feront pas la révolution pour avoir vu la pivoine autrement.

Les ours n’ont pas le temps de faire la révolution des regards ou des points de vue, ils tentent de vivre, ils savent que les couleurs évanescentes de la pivoine partagent les mêmes conditions que celles des virus et de leurs graisses d’ours…, fragiles sous tant de fourrures…

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