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Des lapins et des hommes

 

La célèbre revue américaine « Science » rapporte en 1980, l’expérience suivante : Des lapins soumis à un régime alimentaire riche en graisses saturées, entrainant le développement de plaques d’athérome dans les artères, étaient divisés en deux lots, le premier recevant les traitements habituels des animaux de laboratoire, le deuxième étant l’objet d’attentions particulières : chaque jour, on caressait ces lapins, en leur parlant doucement. Les lapins caressés présentèrent beaucoup moins d’athérome que les autres lapins. La différence a été médicalement et scientifiquement considérée comme significative.

Faut-il attendre des preuves scientifiques pour reconnaître aux caresses une influence bénéfique sur notre immunité et le devenir des épidémies ?

Évidemment, nous ne sommes pas des lapins, nous sommes des êtres humains, mais notre besoin de caresses n’est pas moindre, et c’est une des conditions de notre santé.

Ce double message que nous recevons aujourd’hui de nous éloigner les uns des autres, de garder nos distances, et en même temps ce besoin naturel et nécessaire de caresses peut nous rendre plus malade que nous ne le sommes.

Faut-il nous traiter les uns les autres comme des lapins de laboratoire ou comme des lapins de compagnie ? Notre lien avec les êtres et les choses doit-il toujours être un lien de consommation et de domination ? Ne peut-il pas devenir un lien d’affection ? Il ne s’agit pas de passer du laboratoire à la chambre à coucher, mais du monde au « royaume ».

Vous vous souvenez de ce médecin, un peu poète, qui nous disait : « Aimez-vous les uns les autres. » Si c’est bon pour les lapins, ça ne fera pas de mal aux hommes ; c’est bon pour devenir Dieu et c’est nécessaire à notre immunité.  

 

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