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A l’origine de l’Intercontinentale des consciences

 

La méditation engagée est un acte pur, c’est-à-dire non-intentionnel : il ne s’agit pas de vouloir quelque chose ou de vouloir « changer » quelque chose, en soi et dans le monde.

Qui sommes-nous pour juger de ce qui est bon ou mauvais, bien et mal, pour nous et pour la planète ?

Il s’agit de demeurer dans une sensibilité, une conscience, une affectivité « ouvertes » à la Vie infinie, à la Conscience infinie, à l’Amour infini.

Dans cette ouverture, cette non-direction ou intentionnalité, ce qui doit arriver arrive.

 

L’Être qui est Vie /Conscience /Amour peut à travers nous accomplir son œuvre.

 

La méditation engagée nous apprend à agir à la manière du printemps qui n’est pas celle des tanks, ni celle des ordinateurs ; elle rejoint le processus à l’œuvre dans les chenilles que nous sommes, dont le programme et la fin n’est pas de demeurer chenille mais d’être papillon.

L’accomplissement de l’homme, ce n’est pas l’homme mortel (l’être pour la mort), c’est l’homme « ailé », « éveillé » à l’Infinie et pure Conscience.

« Je suis qui je suis », accomplissement, dépassement de ce que je suis, non son anéantissement.

Pouvons-nous, ensemble, « éprouver que nous sommes éternels » (Spinoza) ?

Méditer, être là, dans l’Ouvert.

Pouvons-nous être là (Dasein), ensemble, dans le Silence ?

Ce Silence partagé, c’est la demeure de Dieu, le rayonnement de l’Être qui est ce qu’il est et qui fait être tout ce qui est, ce qu’autrefois on appelait le « paradis », conscience de la Conscience, présence de la Présence.

Plus nous vivons dans un environnement matérialiste, et plus ce matérialisme se complexifie avec l’expansion de machines informatiques, plus il nous faut un « supplément d’âme. »

« La mécanique exige une mystique » disait H. Bergson.

Les méditants engagés sont sans doute ces mystiques sans illusions, ces êtres lucides mais qui ne cèdent rien au désespoir…

 

Jean Yves Leloup